29.06.2009

Qui sont les "adversaires périurbains" ?

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Dans un récent article du Télégramme de Brest [1], on apprend que la Gendarmerie se prépare au "pire".

En Dordogne, on a reconstitué une petite ville de 28 hectares - avec ses avenues, ses immeubles, places et ruelles, où - "au gré d'exercices plus ou moins apocalyptiques" - les escadrons de gendarmes mobiles se préparent aux « nouvelles menaces ».

Nicolas Sarkozy aurait fixé l’objectif: "la reconquête des quartiers sensibles" - dans un contexte où, selon le lieutenant-colonel Mézières, chef de la Division du maintien de l’ordre, "l’utilisation d’armes est en train de devenir la norme".

LES ADVERSAIRES PERIURBAINS

Ceux qui sont désignés comme les "adversaires périurbains" sont "des individus âgés de 13 à 25 ans […] agissant de nuit sur un terrain qu’ils connaissent parfaitement, en réponse à un évènement ayant perturbé la vie de la cité". [2]

Leurs armes? "Toutes sortes de projectiles: bac à fleurs, bonbonnes de gaz, appareils électroménagers, boules de pétanque. Mais aussi, armes de petit calibre, bouteilles incendiaires et bouteilles d’acide…" [3]

L'ennemi désigné serait donc les jeunes de la périphérie des grandes villes françaises, ceux que Nicolas Sarkozy avait élégamment traité de racailles. En fait, à l’examen, ce n’est pas si évident.

D'AUTRES ADVERSAIRES...

Car, s’agissant des banlieues, le lieutenant-colonel Mézières admet: "On ne peut pas dire que c’est de pire en pire"; il relativise même par rapport à d’autres évènements: "Rappelez-vous de la violence inouïe des émeutes des bassins sidérurgiques du Nord, dans les années 80, et de Plogoff, en Bretagne !"; il évoque aussi les violents incidents lors de la manifestation des pêcheurs à Rennes au cours de laquelle le Parlement de Bretagne avait été incendié.

Si l’usage d’armes à feu n’est pas, pour lui, une surprise c’est pour citer en exemple les opérations "en Nouvelle-Calédonie, en Guyane, à La Réunion, et dernièrement aux Antilles" et non les banlieues de la métropole.

On peut donc craindre que l’expression "adversaire périurbain" ne cherche à dissimuler la volonté d’appliquer les nouvelles compétences de la Gendarmerie à un spectre très large d’intervention englobant tous les mouvements sociaux quelle qu’en soit la nature.

Ainsi, récemment, quand Nicolas Sarkozy se rend aux Antilles, accompagné de 900 gendarmes, c’est, dit-on, qu’il a "dans le collimateur, les actions musclées du fer de lance de la contestation en Guadeloupe, le collectif LKP" [4].

Un programme de guerre civile, en quelque sorte !

JPD

[1] Le Télégramme de Brest, Hervé Chambonnière, 14 juin 2009.

[2] Le syndrome des émeutes de 2005 joue à plein. Rappelons, quand même, que l'élément déclencheur de ces événements est le décès de deux adolescents morts par électrocution dans l'enceinte d'un poste électrique alors qu'ils étaient poursuivis par la police. En dépit, des premières déclarations contraires du ministre de l'Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy.

[3] Pour l’anecdote, il faut savoir que le toit du nouveau véhicule de la Gendarmerie mobile serait prévu pour encaisser l’impact d’une machine à laver chutant d’une hauteur de quatre étages.

[4] Le Télégramme de Brest, 25 juin 2009.

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